Archive pour janvier 2011
La Méthode Coué et la force de la répétition
Qu’est-ce qui fait que souvent, on a considéré la Méthode Coué comme une farce plutôt que comme une solution efficace ? C’est uniquement sa simplicité d’exécution. Emile Coué part du principe qu’en répétant au minimum, 60 fois par jour « Tous les jours et à tous points de vue, je vais de mieux en mieux », notre état général, physique en mental va s’améliorer. C’est en fait la répétition qui fait l’efficacité de la méthode.
Mais si nous étudions bien comment l’être humain fonctionne, n’est-ce pas par la répétition qu’il arrive à exceller dans un art, être performant dans son métier, devenir un maître dans un domaine particulier ? Ce que nous appelons l’expérience est en fait une sorte de répétition, qui peut même durer toute une vie. Vous remarquerez que ceux qui ont réussi dans n’importe quel domaine que ce soit n’ont jamais perdu de vue leur objectif en cours de route, ils n’ont jamais lâché même lorsque c’était très difficile, voire désespéré.
On peut se servir de la force des habitudes en notre faveur plutôt que contre nous. Répéter une formule positive est donc loin d’être idiot, de même que les publicitaires sont loin d’être idiots lorsqu’ils vous répètent en boucle les mêmes publicités. S’ils le font, c’est qu’ils savent que scientifiquement, c’est la répétition qui amène à l’achat. Cela peut être utilisé contre nous, à notre insu, où au contraire à notre avantage, si nous le faisons de façon consciente. La vie est une répétition qui se joue depuis la naissance.
Beaucoup de gens vous diront que d’essayer de rester positif lorsque des évènements fâcheux surviennent est naïf, pire… Qu’il vaut mieux rester négatif, car pour eux la négativité est synonyme de réalisme. Mais ce dont ils ne se rendent pas compte, c’est que la négativité naît d’une certaine interprétation de la réalité, elle est une forme de résistance à ce qui est et elle est non seulement inutile mais destructrice.
Qu’est-ce qu’une personne dépressive, si ce n’est quelqu’un qui s’est répété des mauvais scénarios dans sa tête pendant des mois, des années. Des scénarios qui n’existent pas, à part dans le mental du protagoniste. Il s’est entraîné à penser à des choses angoissantes, dévalorisantes, fausses au sujet de lui-même et des autres, ceci jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, années après années. Croire que cela ne puisse avoir aucune répercussion sur sa vie et sur son entourage est naïf.
Pouvez-vous imaginer les résultats néfastes que les pensées négatives peuvent avoir sur un individu lorsqu’elles sont répétées, encore et encore jusqu’à devenir sa propre vérité ? La plupart de nos pensées sont fausses, 95% du temps. Elles ne sont que des interprétations de la réalité, non la réalité elle-même.
Vous pouvez vous servir de la force des habitudes en les mettant à votre service de façon constructive. La Méthode Coué est une approche, mais vous pouvez l’adapter comme bon vous semble en changeant la formulation. Prendre le temps deux ou trois fois par jour de vous recentrer pour vous conditionner de manière positive, vous donnera forcément des résultats si vous en faites une habitude.
Si vous avez l’habitude de vous lever le matin avec des pensées qui vous plombent, changez cette habitude !
Si vous avez l’habitude de vous dévaloriser, changez cette habitude !
Si vous avez l’habitude de ne pas vous faire confiance, changez cette habitude !
Si vous avez l’habitude de dire que vous n’aurez jamais assez d’argent pour avoir une vie satisfaisante, changez cette habitude !
Si vous avez l’habitude de dire que la vie est souffrance, changez cette habitude !
Si vous avez l’habitude de vous dire que vous n’y arriverez jamais, changez cette habitude !
Si vous avez l’habitude de penser que « c’est trop beau pour être vrai », changez cette habitude !
La France serait-elle un pays de dépressifs ?
Il n’est pas toujours facile de positiver, surtout lorsque les évènements dans notre vie n’ont pas l’air d’aller dans le bon sens. Oui, mais seulement, cela est valable pour tout le monde.
Comment se fait-il que les français soient les premiers consommateurs d’antidépresseurs en Europe ?
Selon une enquête récente, les français sont les champions du monde de la sinistrose, devant les pays en développement, les pays touchés par la guerre, les catastrophes naturelles et les maladies. Nous sommes les plus inquiets de la planète alors que la France fait partie des pays les plus riches.
Est-ce dangereux à ce point de positiver ?
Bon je sais, on passe pour un grand naïf dans ce pays quand on parle de la pensée positive et de la Méthode Coué, certainement parce qu’en étant toujours négatif, on ne risque pas de passer pour un idiot ni d’être déçu. Je lisais même dans un article qu’il était inconscient d’être « guilleret » devant un avenir aussi incertain (je crois que nous n’avons pas la même définition de l’inconscience)… Pourtant je doute qu’avec un tel état d’esprit on puisse attirer quoi que ce soit de positif dans sa vie. Car croyez-moi, si vous cherchez un emploi en ce moment, qui croyez-vous que votre employeur va choisir : celui qui dégage une belle énergie positive ou un CV de 3 pages sans saveur ?
Je lisais ensuite que ceux qui sont au fond du trou ne peuvent être qu’optimistes puisque « rien de pire ne peut leur arriver », j’en déduis donc que pour être heureux, il faut tout perdre. Ça me rappelle même une parabole de Jésus : « Qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra en mon nom la retrouvera ».
Si les circonstances extérieures, plutôt bien meilleures que dans le reste du monde ne nous procurent ni sécurité, ni bonheur, c’est bien que cela se passe dans notre tête non ? Dite-moi si je me trompe ? Il est ridicule de penser que la négativité est la seule réponse possible, c’est une croyance de plus dans un monde d’illusions, dévastatrice de surcroît. Comme si cette attitude allait acheter notre bonheur et nous éviter les déceptions…
Moi, je pense que l’incertitude est la seule chose que nous avons et que tout le reste n’est qu’illusion. La sécurité est illusoire puisque si nous réfléchissons un tant soit peu, même si vous avez votre compte en banque bien garni, une famille heureuse, une santé parfaite, il peut toujours vous arriver quelque chose… Que nous reste-t-il donc à part le moment présent ?
Pourquoi nous adorons les pensées négatives et pourquoi cela a intérêt à ne jamais finir
Comme je le disais dans un précédent article, la pensée peut être mieux contrôlée lorsque nous commençons le matin au réveil… Pourquoi ? Parce que chaque matin où nous ouvrons les yeux est une renaissance. Contrairement à ce que nous croyons, aujourd’hui n’est pas la suite d’hier, dans le sens où vous n’êtes absolument pas obligé de reprendre là où vous en étiez. Je m’explique :
Le temps est une illusion. L’esprit est conditionné de façon linéaire, il pense selon un avant, un pendant et un après alors que dans la réalité ultime, rien de cela n’existe. Il n’y a qu’un seul moment qui existe : le présent. Prenez une minute pour méditer là-dessus. Avez-vous jamais vécu dans le passé où dans le futur ? Bien sûr que non, depuis votre première respiration, vous avez vécu dans le présent. Seulement, l’esprit est un grand illusionniste et nous fait revivre les scènes du passé en boucle comme si cela était réel. Le passé n’est plus, mais lorsque vous vous tournez vers lui, vous le faites revivre sans cesse dans votre présent. Cela n’est qu’une projection de l’esprit, ce passé n’existe plus dans l’ultime réalité.
Nous ne sommes donc pas tenus de donner suite à ce que nous avons fait la veille. Si vous étiez déprimé le jour d’avant et que vous pensiez que vous aviez de bonnes raisons de l’être, il n’y a pas de mode d’emploi de la vie qui vous dit de continuer aujourd’hui. Aujourd’hui est NEUF, dès l’instant où vous vous réveillez, vous renaissez. Il n’est absolument pas utile de vous charger des soucis d’hier comme si vous deviez porter un sac de pierre de 30 kilos sur le dos. Seulement, vous vous êtes peut-être convaincu depuis longtemps que vous deviez le faire ? Pourquoi ? Qui vous a dit d’agir ainsi ?
Les pensées cherchent à survivre d’elles-mêmes. Elles vous forcent insidieusement à vous concentrer sur elles et accaparent votre énergie, surtout lorsqu’elles sont négatives. Un peu comme si chaque pensée vous disait avec une petite voix : « Eh ! Regarde-moi, écoute, ce que j’ai à te dire est très important, plus important que ce que tu es en train de faire ! ». Seulement, si vous vous arrêtez un instant et que vous observez ce qui se passe, vous vous rendez compte que cette importance est toute relative et en définitive, illusoire. Admettons que vous pensiez depuis une semaine à une facture que vous ne pouvez pas régler et que vous ne trouvez aucune solution. Ceci a-t-il de l’importance en comparaison à si on vous annonçait que vous alliez devenir aveugle ? Si on vous annonçait une telle nouvelle, la première pensée sur la facture impayée qui vous parasitait peut-être depuis 2 ou 3 semaines deviendrait ridicule… Il en est de même avec les psychoses médiatiques : combien de fois votre écran de télévision vous a-t-il hypnotisé avec des faits divers, des catastrophes potentielles qui ne sont jamais produites et qu’est-ce que cela vous a apporté au final, des semaines, des mois ou des années après, à part renforcer votre esprit dualiste et prendre votre énergie ?
Comme le mental a horreur du vide, sa première tâche est de trouver quelque chose sur quoi focaliser. Si vous n’avez pas vraiment de problèmes dans votre vie, il en trouvera (fabriquera, serait plus approprié). Le mental se soucie guère de savoir si ces pensées sont positives ou négatives, ou même si elles sont utiles, tout ce qui compte pour lui est de trouver un os à ronger et les pensées négatives sont parfaites pour cela, car elles sont plus séduisantes, plus hypnotisantes, plus faciles à exploiter et sans fin !
Chaque jour est une autre chance qui vous est offerte d’être heureux, car la vie n’aime pas le négatif. Le négatif n’est pas ce que nous sommes, entretenir des pensées négatives et malsaines est un dysfonctionnement du mental, la pire maladie de notre siècle.
Les fleurs se soucient-elles de ce qui leur arrivera demain ? Un oiseau ressasse-t-il son passé ? Cela aurait-il une quelconque utilité dans sa vie ?

