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L’ÊTRE CONSCIENT ET L’ÊTRE INCONSCIENT
Pour bien comprendre les phénomènes de la suggestion, ou pour parler plus justement, de l’autosuggestion, il est nécessaire de savoir qu’il existe en nous deux individus absolument distincts l’un de l’autre. Tous deux sont intelligents; mais, tandis que l’un est conscient, l’autre est inconscient. C’est la raison pour laquelle son existence passe généralement inaperçue.
Et cependant cette existence est facile à constater, pour peu qu’on se donne la peine d’examiner certains phénomènes et qu’on veuille bien y réfléchir quelques instants. En voici des exemples :
Tout le monde connaît le somnambulisme, tout le monde sait qu’un somnambule se lève la nuit, sans être éveillé, qu’il sort de sa chambre après s’être habillé ou non, qu’il descend des escaliers, traverse des corridors et que, après avoir exécuté certains actes ou accompli certain travail, il revient à sa chambre, se recouche, et montre le lendemain le plus grand étonnement en trouvant terminé un travail qu’il avait laissé inachevé la veille.
Cependant c’est lui qui l’a fait, bien qu’il n’en sache rien. À quelle force son corps a-t-il obéi, si ce n’est à une force inconsciente, à son être inconscient ?
Considérons maintenant, si vous le voulez bien, le cas trop fréquent, hélas ! d’un alcoolique atteint de delirium tremens. Comme pris d’un accès de démence, il s’empare d’une arme quelconque, couteau, marteau, hachette, et frappe, frappe furieusement ceux qui ont le malheur d’être dans son voisinage. Quand, l’accès terminé, l’homme recouvre ses sens, il contemple avec horreur la scène de carnage qui s’offre à sa vue, ignorant que c’est lui-même qui en est l’auteur. Ici encore, n’est-ce pas l’inconscient qui a conduit ce malheureux ?
Si nous comparons l’être conscient à l’être inconscient, nous constatons que, tandis que le conscient est doué souvent d’une mémoire très infidèle, l’inconscient, au contraire, est pourvu d’une mémoire merveilleuse, impeccable, qui enregistre, à notre insu, les moindres événements, les moindres faits de notre existence. De plus, il est crédule et accepte, sans raisonner, ce qu’on lui dit. Et, comme c’est lui qui préside au fonctionnement de tous nos organes par l’intermédiaire du cerveau, il se produit ce fait, qui vous semble plutôt paradoxal, que s’il croit que tel ou tel organe fonctionne bien ou mal, que nous ressentons telle ou telle impression, cet organe, en effet, fonctionne bien ou mal, ou bien nous ressentons telle ou telle impression.
Non seulement l’inconscient préside aux fonctions de notre organisme, mais il préside aussi à l’accomplissement de toutes nos actions, quelles qu’elles soient.
C’est lui que nous appelons imagination et qui, contrairement à ce qui est admis, nous fait toujours agir, même et surtout contre notre volonté, lorsqu’il y a antagonisme entre ces deux forces.
Introduction à l’autosuggestion
La suggestion ou plutôt l’autosuggestion est un sujet tout à fait nouveau, en même temps qu’il est aussi vieux que le monde.
Il est nouveau en ce sens que, jusqu’à présent, il a été mal étudié et, par conséquent, mal connu; il est ancien parce qu’il date de l’apparition de l’homme sur la terre. En effet, l’autosuggestion est un instrument que nous possédons en naissant et cet instrument, ou mieux cette force, est doué d’une puissance inouïe, incalculable, qui, suivant les circonstances, produit les meilleurs ou les plus mauvais effets. La connaissance de cette force est utile à chacun de nous, mais elle est plus particulièrement indispensable aux médecins, aux magistrats, aux avocats, aux éducateurs de la jeunesse.
Lorsqu’on sait la mettre en pratique d’une façon consciente, on évite d’abord de provoquer chez les autres des autosuggestions mauvaises dont les conséquences peuvent être désastreuses, et ensuite l’on en provoque consciemment de bonnes qui ramènent la santé physique chez les malades, la santé morale chez les névrosés, les dévoyés, victimes inconscientes d’autosuggestions antérieures, et aiguillent dans la bonne voie des esprits qui avaient tendance à s’engager dans la mauvaise.
Emile Coué : le père de l’autosuggestion
Par: BRUNET Isabelle et GAWELIK Katy
Vous avez certainement entendu parler de la Méthode Coué, dont Dany Boon a fait un sketch hilarant : « Je vais bien, tout va bien ! ». En fait, cette méthode prône que si on se persuade que l’on est heureux, on sera heureux.
Elle a été inventée, précisément, par Emile Coué. Il est né à Troyes en 1857. Issu d’une famille modeste, il n’a pas les moyens de suivre de longues études. Sa volonté de devenir chimiste est ainsi contrariée. Toutefois, grâce à un pharmacien de Troyes, il est embauché comme commis et reste proche de la chimie. Il obtient son diplôme de pharmacien en 1882 et s’associe pour reprendre une pharmacie à Troyes.
Progressivement, il élabore sa Méthode dans sa pharmacie, prenant très vite conscience qu’il peut avoir une influence sur la guérison de ses clients. Il développe ainsi le principe de l’autosuggestion avant de s’intéresser à l’auto-hypnose. A partir de 1910, il s’installe à Nancy et y donne des consultations gratuites.
Ses travaux restent confidentiels au début mais Charles Baudouin (étudiant en philosophie), ayant entendu parler de lui, va devenir son premier disciple et il va surtout le faire connaître dans le monde entier grâce à la publication de sa thèse.
A partir de ce moment-là, Emile Coué fera des conférences un peu partout, notamment aux Etats-Unis, en Allemagne et en Russie. Il y connaît un succès important, amenant à Nancy de nombreux clients étrangers.
Toutefois, il sera très vite taxé de charlatanisme et il préférera « se faire oublier » en voyageant aux Etats-Unis, en 1923, où la foule l’attendra avec enthousiasme.
Il sera surtout reconnu aux Etats-Unis et en Allemagne, la France ne le reconnaîtra jamais à sa juste valeur.
Grâce à ses travaux, Emile Coué est à l’origine de la pensée positive, de la visualisation, de la sophrologie, etc.
Il a mis en lumière le fait que l’individu dispose d’un conscient et d’un subconscient, qu’il peut influencer son subconscient grâce à l’imagination, la visualisation. Cette influence peut avoir un effet négatif mais aussi positif : si l’on veut quelque chose, il suffit de se l’imaginer. Ainsi, quand on est malade, il suffit de penser à la guérison pour y parvenir.
Au départ sa Méthode n’avait pour but que de rendre les médicaments plus efficaces.
Il est aussi le premier à avoir eu l’idée d’utiliser un placebo pour guérir un patient.
Juste avant sa mort, en 1926 à Nancy, il publie « La Maîtrise de Soi-Même par l’autosuggestion consciente », dont le leitmotiv est le suivant : « Ce n’est pas la volonté qui nous fait agir, mais l’imagination ». Puis, après sa mort, sa Méthode périclite et finit par ne plus être suivie.
Il faudra attendre l’essor du développement personnel, notamment aux Etats-Unis, pour la remettre au goût du jour, en la mariant avec les nouvelles idées de l’époque.
Ainsi, une sorte de nouvelle Méthode Coué apparaît, qui précise que les personnes ont la faculté de s’auto-persuader ou s’auto-suggérer qu’elles sont capables d’apprendre, de comprendre et de faire tout ce qu’elles désirent ; et qu’il suffit de s’imaginer ou de se visualiser en train de le faire.
Co-auteurs : BRUNET Isabelle (spécialiste en développement personnel) et GAWELIK Katy (Docteur en droit, spécialiste en bien-être et en épanouissement personnel)
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