Articles avec le tag ‘suggestions’
Le miroir reflète-t-il vraiment qui nous sommes ?
Saviez-vous qu’il existe au moins deux manières de se regarder dans un miroir ? La première consiste à observer son visage, les traits, les rides, les paupières, les poils qui sortent du nez ou toute autre imperfection. L’autre manière consiste à se regarder dans les yeux. De fixer son propre regard dans le miroir jusqu’à ce que l’on ne sache plus qui regarde qui.
Mais avant de poursuivre cet exercice du miroir, laissez-moi vous raconter cette théorie selon laquelle la vie – ou plus exactement tout ce que vous vivez à l’extérieur de vous – est le reflet de ce qu’il se passe à l’intérieur de vous.
Essayez d’analyser cette théorie d’une manière concrète, elle vous aidera à développer considérablement votre intuition. En effet, vous serez capable de détecter tout ce qui se passe en vous et de corriger chaque fois qu’il vous sera possible vos comportements pour attirer des choses positives dans votre vie.
Comment se trouve l’intérieur de votre appartement ? Arrivez-vous à le maintenir propre en ce moment ou est-ce que c’est le désordre ? Idem pour votre chambre, votre bureau…
Observez ce genre de détails dans votre vie d’une manière particulière, car cela pourrait parfaitement vous aider à voir plus clair en vous.
Peut-être que si vous n’arrivez pas à ranger et que c’est un peu sens dessus dessous, c’est que vous avez une vie stressante et que vous n’arrivez pas du tout à vous détendre. Résultat, tout est complètement bouleversé en vous et autour de vous.
Si c’est votre chambre, peut-être que cela concerne votre vie intime ?
Si c’est votre bureau, vous l’aurez compris, c’est que votre vie professionnelle vire au chaos. Tous ces détails vous aideront à vous rendre compte de là où vous en êtes.
On peut observer cela pour comprendre ce qui se passe dans la conscience collective. Est-ce que votre ville est bien entretenue, est-ce qu’elle fait l’objet d’une restructuration ? Les gens sont-ils plutôt agréables ? Pourquoi pensez-vous vivre dans cette ville ?
Toutes ces choses sont le reflet de ce qui se passe en vous, sur un plan individuel et sur un plan collectif. Réfléchissez-y, vous serez très surpris de vous rendre compte de l’impact qu’a votre réalité intérieure sur votre réalité extérieure.
À présent, revenons à notre exercice du miroir. La manière de procéder est simple.
Choisissez de regarder un point imaginaire que vous situez exactement à l’endroit du troisième œil, c’est-à-dire à la base du nez, entre les deux yeux. Maintenant, fixez cet endroit dans le miroir et faites en sortes de ne pas ciller des yeux, vous observerez qu’après environ 10 ou 20 minutes votre visage se déforme, il se lisse et devient moins ridé.
Puis vient un moment très court pendant lequel vous avez la sensation étrange de ne plus savoir de quel côté du miroir vous vous trouvez.
Cette sensation est doublée d’effet, quand vous reproduisez cet exercice régulièrement et lorsque vous parviendrez à vous sentir à la fois d’un côté et de l’autre du miroir.
Faites cet exercice, au moins une fois par jour. Il n’est pas très compliqué à réaliser et il est sans risque. Il faut simplement ne pas vous attarder sur la sensation d’être de l’autre côté du miroir. En tous les cas, pas au début. Il est préférable de prendre votre temps, afin d’arriver progressivement à accepter cette sensation, jusqu’à pouvoir passer d’un côté du miroir à l’autre sans ressentir d’inquiétude.
L’intérêt de cet exercice est de pouvoir vous sentir en même temps présent dans la dimension spatiotemporelle et dans l’autre dimension, qui ne contient ni de temps ni d’espace. C’est un peu comme si vous arriviez à être présent en deux lieux ou en deux dimensions parallèles en même temps.
Vous pouvez à présent renforcer votre potentiel en ajoutant à cet exercice des suggestions préalablement préparées. Ces suggestions doivent être des phrases affirmatives qui vous valorisent et vous édifient. Notez-les sur un papier pour bien les mémoriser.
Lisez ces phrases jusqu’à les connaitre sans regarder vos notes. Quand vous vous sentirez de l’autre côté du miroir, affirmez mentalement les phrases ce que vous avez mémorisé. Cet exercice est très puissant, car il développe considérablement l’intuition en même temps qu’il vous redonne confiance en vous.
N’hésitez pas à reproduire souvent l’exercice avec des affirmations variées. Vous allez non seulement acquérir très rapidement de la confiance en vous, mais en plus vous vous sentirez plus fort, plus courageux et vous développerez plus facilement les qualités que vous souhaitez reconnaître en vous.
EMPLOI DE L’AUTOSUGGESTION
Je reviens à l’endroit où je disais que nous pouvons dompter et conduire notre imagination, comme on dompte un torrent ou un cheval sauvage. Il suffit pour cela, d’abord de savoir que cela est possible (ce que presque tout le monde ignore), et ensuite d’en connaître le moyen. Eh bien! ce moyen est fort simple; c’est celui que, sans le vouloir, sans le savoir, d’une façon absolument inconsciente de notre part, nous employons chaque jour depuis que nous sommes au monde, mais que, malheureusement pour nous, nous employons souvent mal et pour notre plus grand dam. Ce moyen c’est l’autosuggestion.
Tandis que, habituellement, on s’autosuggère inconsciemment, il suffit de s’autosuggérer consciemment et le procédé consiste en ceci : d’abord, bien peser avec sa raison les choses qui doivent faire l’objet de l’autosuggestion et, selon que celle-ci répond oui ou non, se répéter plusieurs fois, sans penser à autre chose : « Ceci vient ou ceci se passe; ceci sera ou ne sera pas, etc. etc., » et si l’inconscient accepte cette suggestion, s’il s’autosuggère, on voit la ou les choses se réaliser de point en point.
Ainsi entendue, l’autosuggestion n’est autre chose que l’hypnotisme tel que je le comprends et que je définis par ces simples mots : Influence de l’imagination sur l’être moral et l’être physique de l’homme.
Or, cette action est indéniable et, sans revenir aux exemples précédents, j’en citerai quelques autres.
Si vous vous persuadez à vous-même que vous pouvez faire une chose quelconque, pourvu qu’elle soit possible, vous la ferez, si difficile qu’elle puisse être. Si, au contraire, vous vous imaginez ne pas pouvoir faire la chose la plus simple du monde, il vous est impossible de la faire et les taupinières deviennent pour vous des montagnes infranchissables.
Tel est le cas des neurasthéniques qui, se croyant incapable du moindre effort, se trouvent souvent dans l’impossibilité de faire seulement quelques pas sans ressentir une extrême fatigue. Et ces mêmes neurasthéniques, quand ils font des efforts pour sortir de leur tristesse, s’y enfoncent de plus en plus, semblables au malheureux qui s’enlise et qui s’enfonce d’autant plus vite qu’il fait plus d’efforts pour se sauver.
De même il suffit de penser qu’une douleur s’en va pour sentir en effet cette douleur disparaître peu à peu, et, inversement, il suffit de penser que l’on souffre pour que l’on sente immédiatement venir la souffrance.
Je connais certaines personnes qui prédisent à l’avance qu’elles auront la migraine tel jour, dans telles circonstances, et, en effet, au jour dit, dans les circonstances données elles la ressentent. Elles se sont elles-mêmes donné leur mal, de même que d’autres se guérissent leur par autosuggestion consciente.
Je sais que, généralement, on passe pour fou aux yeux du monde, quand on ose émettre des idées qu’il n’est pas habitué à entendre. Eh bien ! au risque de passer pour fou, je dirai que, si nombre de personnes sont malades moralement et physiquement, c’est qu’elles s’imaginent être malades, soit au moral, soit au physique; si certaines personnes sont paralytiques, sans qu’il y ait aucune lésion chez elles, c’est qu’elles s’imaginent être paralysées, et c’est parmi ces personnes que se produisent les guérisons les plus extraordinaires.
Si certains sont heureux ou malheureux, c’est qu’ils s’imaginent être heureux ou malheureux, car deux personnes, placées exactement dans les mêmes conditions, peuvent se trouver, l’une parfaitement heureuse, l’autre absolument malheureuse.
La neurasthénie, le bégaiement, les phobies, la kleptomanie, certaines paralysies, etc., ne sont autre chose que le résultat de l’action de l’inconscient sur l’être physique ou moral.
Mais si notre inconscient est la source de beaucoup de nos maux, il peut aussi amener la guérison de nos affections morales et physiques. Il peut, non seulement réparer le mal qu’il a fait, mais encore guérir des maladies réelles, si grande est son action sur notre organisme.
Isolez-vous dans une chambre, asseyez-vous dans un fauteuil, fermez les yeux pour éviter toute distraction, et pensez uniquement pendant quelques instants: « Telle chose est en train de disparaître », « telle chose est en train de venir. »
Si vous vous êtes fait réellement de l’autosuggestion, c’est-à-dire si votre inconscient a fait sienne l’idée que vous lui avez offerte, vous êtes tout étonné de voir se produire la chose que vous avez pensée. (Il est à noter que le propre des idées autosuggérées est d’exister en nous à notre insu et que nous ne pouvons savoir qu’elles y existent que par les effets qu’elles produisent.) Mais surtout, et cette recommandation est essentielle, que la volonté n’intervienne pas dans la pratique de l’autosuggestion; car, si elle n’est pas d’accord avec l’imagination, si l’on pense : « Je veux que telle ou telle chose se produise, » et que l’imagination dise : « Tu le veux, mais cela ne sera pas, » non seulement on n’obtient pas ce que l’on veut, mais encore on obtient exactement le contraire.
Cette observation est capitale, et elle explique pourquoi les résultats sont si peu satisfaisants quand, dans le traitement des affections morales, on s’efforce de faire la rééducation de la volonté. C’est à l’éducation de l’imagination qu’il faut s’attacher, et c’est grâce à cette nuance que ma méthode a souvent réussi là où d’autres, et non des moindres, avaient échoué.
Des nombreuses expériences que je fais journellement depuis vingt ans et que j’ai observées avec un soin minutieux, j’ai pu tirer les conclusions qui suivent et que j’ai résumées sous forme de lois :
1° Quand la volonté et l’imagination sont en lutte, c’est toujours l’imagination qui l’emporte, sans aucune exception;
2° Dans le conflit entre la volonté et l’imagination, la force de l’imagination est en raison directe du carré de la volonté;
3° Quand la volonté et l’imagination sont d’accord, l’une ne s’ajoute pas à l’autre, mais l’une se multiplie par l’autre;
4° L’imagination peut être conduite.
(Les expressions « en raison directe du carré de la volonté » et « se multiplie » ne sont pas rigoureusement exactes. C’est simplement une image destinée à faire comprendre ma pensée.)
D’après ce qui vient d’être dit, il semblerait que personne ne dût jamais être malade. Cela est vrai. Toute maladie, presque sans exception, peut céder à l’autosuggestion, si hardie et si invraisemblable que puisse paraître mon affirmation; je ne dis pas cède toujours, mais peut céder, ce qui est différent.
Mais pour amener les gens à pratiquer l’autosuggestion consciente, il faut leur enseigner comment faire, de même qu’on leur apprend à lire ou à écrire, qu’on leur enseigne la musique, etc.
L’autosuggestion est, comme je l’ai dit plus haut, un instrument que nous portons en nous en naissant, et avec lequel nous jouons inconsciemment toute notre vie, comme un bébé joue avec son hochet. Mais c’est un instrument dangereux; il peut vous blesser, vous tuer même, si vous le maniez imprudemment et inconsciemment. Il vous sauve, au contraire, quand vous savez l’employer d’une façon consciente. On peut dire de lui ce qu’Ésope disait de la langue : « C’est meilleure, et en même temps la plus mauvaise chose du monde. »
Je vais vous expliquer maintenant comment on peut faire que tout le monde ressente l’action bienfaisante de l’autosuggestion appliquée d’une façon consciente.
En disant « tout le monde », j’exagère un peu, car il y a deux classes de personnes chez lesquelles il est difficile de provoquer l’autosuggestion consciente :
1° Les arriérés, qui ne sont pas capables de comprendre ce que vous leur dites;
2° Les gens qui ne consentent pas à comprendre.
SUGGESTION ET AUTOSUGGESTION
D’après ce qui précède, nous pouvons assimiler l’imagination à un torrent qui entraîne fatalement le malheureux qui s’y est laissé tomber, malgré sa volonté de gagner la rive. Ce torrent semble indomptable; cependant si vous savez vous y prendre, le vous le détournerez de son cours, vous le conduirez à l’usine, et là vous transformerez sa force en mouvement, en chaleur, en électricité.
Si cette comparaison ne vous semble pas suffisante, nous assimilerons l’imagination (la folle du logis, comme on s’est plu à l’appeler) à un cheval sauvage qui n’a ni guides, ni rênes. Que peut faire le cavalier qui le monte, sinon se laisser aller où il plaît au cheval de le conduire ? Et, souvent alors, si ce dernier s’emporte, c’est dans le fossé que s’arrête sa course. Que le cavalier vienne à mettre des rênes à ce cheval, et les rôles sont changés. Ce n’est plus lui qui va où il veut, c’est le cavalier qui fait suivre au cheval la route qu’il désire.
Maintenant que nous nous sommes rendu compte de la force énorme de l’être inconscient ou imaginatif, je vais montrer que cet être, considéré comme indomptable, peut être aussi facilement dompté qu’un torrent ou un cheval sauvage.
Mais avant d’aller plus loin, il est nécessaire de définir soigneusement deux mots que l’on emploie souvent, sans qu’ils soient toujours bien compris. Ce sont les mots suggestion et autosuggestion.
Qu’est-ce donc que la suggestion ? On peut la définir « l’action d’imposer une idée au cerveau d’une personne ». Cette action existe- t-elle réellement ? À proprement parler, non. La suggestion n’existe pas en effet par elle-même; elle n’existe et ne peut exister qu’à la condition sine qua non de se transformer chez le sujet en autosuggestion. Et ce mot, nous définirons « l’implantation d’une idée en soi-même par soi-même ». Vous pouvez suggérer quelque chose à quelqu’un; si l’inconscient de ce dernier n’a pas accepté cette suggestion, s’il ne l’a pas digérée, pour ainsi dire, afin de la transformer en autosuggestion, elle ne produit aucun effet.
Il m’est arrivé quelquefois de suggérer une chose plus ou moins banale à des sujets très obéissants d’ordinaire, et de voir ma suggestion échouer. La raison en est que l’inconscient de ces sujets s’était refusé à l’accepter et ne l’avait pas transformée en autosuggestion.

